Mlle Peggy,Infirmière

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94, France
Mes patients m'appellent souvent Mlle Peggy ,c'est une façon pour eux d'établir une proximité sans pour autant être trop familiers,une sorte de formule "intermédiaire" entre le tutoiement et le vouvoiement,qui leur convient et que je trouve charmante.Vous l'aurez donc compris ,mon quotidien est de soigner les corps et les âmes,"les petites histoires de Mlle Peggy" sont des brèves de vies,qui vous feront rire,parfois pleurer,souvent réfléchir,enfin qui vous laisseront rarement indifférents,je pense. Ah j'ai oublié de vous dire mais vous avez du le deviner:je suis infirmière,et je pratique mon art à domicile,en petite banlieue parisienne.Je tiens à préciser que par souçi du respect du secret médical auquel je suis soumise,les lieux,les identités des patients et leurs familles,les pathologies sont modifiés,et les faits sont romancés. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé est purement fortuite. Bonne lecture!!!

jeudi 14 juin 2018

Chronique d'une consultation, un jour sans fin .



Cet après-midi je suis à l’hôpital.


Je n’y travaille plus depuis douze ans mais je m’y rends régulièrement depuis quinze ans .  

Je ne l’ai jamais quitté en fait et pourtant il est l’endroit que je déteste le plus au monde, c’est pour cela qu’un jour de l’été 2006 j’ai décidé de ne plus y exercer. 

Et oui chacun d’entre nous est lié de près ou de loin à l’hôpital au travers des événements de la vie qui nous y conduisent irrémédiablement.

En ce qui me concerne , comme toute femme ce sont au travers de mes grossesses que je l’ai fréquenté.

Voici la chronique d’une consultation sans fin



2000: Premier enfant.

Six mois déjà que je me rends à mon rendez-vous mensuel en consultation obstétrique, docilement, en respectant strictement les consignes .

Le parcours se déroule toujours de la même façon . 

J’arrive dans un hall rempli de gens présentants des lésions diverses , des hommes, des femmes et des enfants aux visages fatigués souvent marqués qui semblent attendre quelque chose qui n’arrivera jamais . 

D’un simple coup d’œil on reconnaît «  les usagers de l’hôpital quasiment professionnels » à leur attitude affirmée , à leur connaissance des lieux , à leur expertise concernant le fonctionnement de chacun des services qu’ils écument depuis des années . Ils parlent souvent fort , conseillent leurs voisins de salle d’attente, interpellent les agents hospitaliers de façon familière , et connaissent même certaines secrétaires par leur prénom. 

Me voilà donc dans cet univers particulièrement inhospitalier, et  une fois dans le hall bondé, il est nécessaire de prendre un numéro pour pouvoir passer à l’un des guichets ouverts , une petite angoisse m’ étreint toujours au moment précis où je fais mon choix sur l’écran tactile me proposant :

1-Consultations 
2-Prise de rendez vous 
3-Hospitalisation

Je choisis timidement l’onglet « consultations » et le papier s’imprime lentement en laissant apparaître le numéro 456 . 

Presque de façon réflexe , chacun de ceux qui prennent leurs tickets regardent les écrans au dessus de chacun des box qui affichent les numéros en cours de réception. 

Ils regardent l’écran , vérifient leur numéro, souvent avec un regard incrédule, tournent le bon, au cas où il y aurait un numéro magique inscrit en filigrane qui donnerait le privilège de ne pas subir l’attente qui s’annonce . 

Dernière vérification, chacun finit par rejoindre une place assise en évitant de s’assoir à côté des plus  souffreteux , qui sont des représentations presque caricaturales de la maladie qu’on ne veut pas avoir à regarder en face .

Je fais comme chacun d’entre eux . 

Il y a vingt « numéros » avant moi qui représentent vingt personnes qui souhaiteraient ne pas avoir à être là.

J’ai rendez vous à 15h00 il est 13h45 . 

J’ai bien peur de ne pas être à l’heure . 

La sage femme m’attendra sûrement , elles sont 3 à assurer les consultations et ont du mal à tenir les délais surtout si elles ont assuré une garde la nuit précédente ....

Quarante-cinq minutes plus tard , mon numéro s’affiche au dessus du box 2 . 

Durant ce temps j’ai observé la vie autour de moi , cette existence de lutte pour les patients et je me suis rappelé de ma vie d’avant , celle d’infirmière à l’hôpital en voyant toutes ces blouses blanches passer , courir , s’interpeller , sortir quelques minutes fumer une cigarette avec une collègue en racontant qu’elles n’en peuvent plus de ce rythme exténuant . 

Et puis une sonnette stridente me sort de ma torpeur puis une seconde agacée. 

A mon tour !

Me voilà face à un employé administratif qui ne daigne même pas poser un regard sur moi me tend la main à la façon d’un automate , geste signifiant que je dois lui remettre le sésame pour être face à elle : le bon numéro 456 .

Je me demande à cet instant précis si cette femme a toujours travaillé ainsi , si à un moment donné, elle a considéré avec respect la personne qui se trouvait face à elle  ou si cette lassitude , cette froideur , cette distance sont arrivées progressivement à force d’usure . 

Elle prend le bon qu’elle jette dans une corbeille déjà bien remplie . 

Je reste debout . 

L’échange qui suit est purement administratif.

«  vous êtes suivi dans quel service ? » 

-heu ben comme la plupart des femmes enceintes , en obstétrique... Je tente un peu d’humour mais elle n’a pas l’air d’apprécier . 

« Date de début de grossesse ? »

« Adresse inchangée ? »

« Téléphone ? C’est bien le 067432####? »

« Date de naissance? »

« Heure du rendez-vous ? »

Un dialogue passionné commence entre son ordinateur et elle . Elle s’adresse à sa machine avec empathie , avec affection toujours sans aucun regard vers moi . 

« Allez mon coco , accélère un peu ! Ne me plante pas maintenant ! Voila t’es sympa ! »

L’imprimante se déclenche et commence une longue impression de feuilles . 

Silence . J’entends le brouhaha des conversations murmurées , le bruit des portes coulissantes qui s’ouvrent et se referment sans cesse, le roulement caractéristique des brancards métalliques. 

Tout est froid et gris . 

15h15 . J’arrive en consultation d’obstétrique. 

Je me suis toujours demandé pourquoi l’ambiance dans les services destinés aux mères et aux enfants était toujours aussi mièvre . 

Des murs vieux rose délavés , des affiches parlant des comportements à risques chez la femme enceinte sur fond de nuages blancs , bleus ciel avec nounours pour les garçons licornes pour les filles et de jolis arcs-en-ciel pour couronner le tout . La femme enceinte se retrouve réduite au travers de ces représentations abêtissantes au statut de mère qui va pouponner comme dans les livres pour tout petits . 

Solange , l’infirmière de l’ accueil me voit arriver de loin . Je lui donne à peu près 55 ans . Elle porte une blouse blanche au col et au revers de manches bleu ciel et les fameuses chaussures de bloc en plastique de couleur violette personnalisées avec des petites broches . 

Son badge est un badge en bois avec une licorne peinte , son prénom y est inscrit ainsi que sa fonction : « ide ». 

« Voilà Mme d’Hahier ! Marcelle ressort son dossier elle arrive ! »

Je m’approche un peu gênée.

« Bonjour , veuillez m’excuser pour le retard mais..... »

« C’est bon êtes là, mais dépêchez vous , enlevez vos chaussures et montez sur la balance ! »

Je rentre dans la salle de soins où cinq mères sont déjà présentes . 

Les regards se tournent vers moi . 

Solange à haute et intelligible voix : 

« alors ça donne quoi tout ça ? 
58 kilos ! Ok . 
Le contrôle de la toxo  vous avez pensé à l’amener ? 
Parce que vous êtes négative vous c’est ça ….oui c’est ça ? 
CATHERINE IL Y A LE BILAN DE MADAME D’HAHIER! »

  • TU PEUX LE FAIRE JE PERFUSE MADAME GÉMELLAIRE ??

« ÇA MARCHE ! »

Silence .

« Allez Madame d’ Hahier , installez vous dans le fauteuil , je vais prélever votre bilan ma collègue est débordée, on a une dame qui est venue pour sa consultation mensuelle et puis bingo hospi pour HTA ,vous êtes du métier vous savez ce que c’est!  Vous travaillez à quel endroit vous ?»

Non seulement chaque personne présente dans la salle  est à l’affût de ma réponse concernant ma vie professionnelle mais chacune secrètement tente d’imaginer le terme de ma grossesse mais aussi le poids que j’ai éventuellement pris et je ne sais quoi d’autre encore .

Évidemment elles auront les réponses à chacune de leurs interrogations dans les secondes qui suivent puisqu’il n’y a aucune intimité ni aucun respect des informations me concernant personnellement mais ayant attrait à chacune des personnes présentes dans la salle d’examen.

Je me demande à quel moment Solange est elle passée de l’étudiante hésitante mais motivée et avec des idéaux quand à sa façon  d’exercer en terme de respect , d’empathie, d’écoute attentive, de « bonne distance » à cette professionnelle désinvolte, ne respectant aucun des codes de savoir-être soignant qui lui ont été enseignés. 

Comment en est elle arrivée là ? 

Que s’est il passé durant ces trente dernières années d’exercice ?

Et ce qui m’interpelle le plus c’est qu’elle seule épanouie et à l’air d’être tôt à l’air tout à fait satisfaite de sa face de mener les choses . 

C’était ma première grossesse . Sans histoires. 

2003 , second enfant.

Rien n’a changé , Solange est toujours là , égale à elle même. 

J’ai finit par m’y habituer même si je trouve toujours son attitude parfois intolérable. 

Je suis suivie en « grossesse pathologique » c’est à dire que contrairement aux autres mères j’ai un régime à part puisque je ne suis plus une simple femme enceinte avec une surveillance médicale protocolaire ordinaire mais je suis malade . 

Le développement du bébé est préoccupant , ce qui induit une surveillance serrée , hebdomadaire et une foule d’examens.

Je suis toujours dans le service rose bonbon mais dans l’aile gauche , celle où aucune femme ne veut avoir à se rendre au cours de sa maternité. 

Les futures mères ne savent pas précisément ce qui s’y passe mais elles imaginent des choses terribles. 

Elles ont bien raison . 

En quelques minutes , le temps d’une échographie, on est transféré dans le couloir de gauche sans sommations, et on se retrouve de l’autre côté du miroir , toujours mièvre mais silencieux. 

Ce qui marque ici c’est le silence, ponctué des sons des appareils que l’on entend au travers des portes fermées ou entre ouvertes, le battement des petits cœurs étouffés bruit caractéristique des échographes posés sur le ventre de ces futures mères dites « à risques ». 

C’est le monde du silence non pas façon Cousteau mais façon Assistance publique. 

Dans ce monde, dans la fameuse aile gauche , on vous examine , en silence , on étudie votre corps , ses transformations, celui de votre enfant , en silence , on vous pose des questions auxquelles vous répondez mais la personne qui vous interroge ne vous en dit pas plus et vous laisse sans réponses . 

Silence et attente . Interminable. Le temps n’a plus de sens . Il est ponctué par des rituels sans âme , sans chaleur. 

Les équipes changent toutes les 7h30 . Les visages se succèdent, souvent marqués, toujours pressés, au discours souvent frustrés par le manque de temps , de moyens, 

La solitude est de mise . 

Comment peut-on aimer cet endroit ? Comment peut-on supporter de travailler dans ce type de lieu où se côtoie les larmes , la maladie, la mort , la solitude , la violence verbale parfois physique à l’égard de tous soignants et patients ?

Je pourrais reconnaitre les yeux bandés que me trouve dans un établissement de soins, tout d’abord par l’odeur qui y règne. 

Cette odeur si caractéristique de sang mêlé et d’antiseptiques qui imprègne chaque pièce.


Trois années déjà que j’y travaille en essayant de pratiquer autrement en me heurtant aux règles implacables de l’administration, aux protocoles incontournables. Aux manques multiples , de moyens et d’envies, aux restrictions budgétaires induisants une baisse des effectifs et une augmentation du nombre moyen de patients à prendre en charge par infirmière. 

18 novembre 2003 mon fils naît atteint d’une pathologie grave . 

Ce même jour , je décroche mon téléphone, je compose le numéro de la cadre du service dans lequel je travaille pour l’informer que mon retour se fera à une date indéterminée pour le moment . 
Je raccroche, je sais que cette décision est la meilleure que je puisse prendre dans ce moment de survie .  
J’ai besoin de toute l’énergie nécessaire pour accompagner mon enfant dans ce parcours difficile au sein d’une institution que je connais bien et pour le faire je ressens ce besoin irrépressible de m’en détacher . 

2010 Troisième enfant . 

Sept années ont passées . 

Sept années à écumer les couloirs des urgences  pédiatrie, de la réa , des soins intensifs .

En tant que parent . 

Avec un regard de parent et une expérience de soignante, d’infirmière. 

Situation atypique que la majorité des gens considère « plus simple » «  moins stressante puisque tu sais », et si c’était l’inverse , ont ils seulement imaginé que cela est encore plus difficile puisque notre titre ne nous autorise pas l’erreur d’appréciation et accentue la culpabilité non justifiée mais présente à jamais, quoiqu’il en soit . 

De l’autre côté ,les soignants profitent souvent de ce statut en vous demandant de pratiquer certains soins qu’ils vous délèguent car ils oublient que vous êtes  présente en tant que mère et non en tant que consœur . 

Je refuse d’être l’infirmière de mon fils . 

J’ai d’ailleurs pris le large de l’institut un jour d’Aout 2006 . 

Ce jour là , une auxiliaire de puériculture a proposé de but en blanc à une jeune mère qui venait d’accoucher d’un enfant porteur d’une trisomie 21 , de l’abandonner en prétextant que «la vie avec un trisomique n’est pas forcément facile » et que ça serait mieux pour elle de le laisser et de partir . 

Ce jour là , a été pour moi le dernier de ma carrière hospitalière. 

Ce jour là , j’ai refusé de continuer à collaborer avec un système détruisant plus qu’il ne construit, n’accompagnant pas dignement chacun de ceux qui en avait besoin, ne respectant pas chacun de ceux qui y travaillent durement, donnant naissance à des soignants qui ne sont plus aidants car ils ne sont pas considérés humainement et qu’ils sont usés par le système. 

Ce jour là  a été le jour où j’ai décidé de ne plus subir ce système. 

Ce jour là , j’ai ressenti un sentiment de liberté . 

30 juillet 2010 , j’arrive aux urgences obstétriques pour accoucher . 

Je suis infirmière libérale depuis 2006 . J’ai créé mon cabinet seule . 

Après une journée de boulot intense , je rentre à la maison . 

Épuisée. 

Les contractions ressenties tout au long de la journée se précisent ,les douleurs s’intensifient, les antispasmodiques  ne les soulagent pas , le bain non plus....

Mon mari me persuade que c’est le moment. 

À contre cœur , nous partons pour les urgences . 

Je suis aguerrie maintenant et je connais par cœur les codes qui ouvrent les bonnes portes . 
Je maîtrise la langue aussi . 

Nous voici à l’accueil . 

La douleur est à son paroxysme. 

L’infirmière de régulation m’accueille de façon classique , d’emblée je fixe les règles du jeu :

«  Bonsoir , je suis une 3ème pare, 3ème geste, 40 semaines d’aménorrhées, contractions toutes les 15 minutes sur 1h00 et qui sont passées à 10 minutes depuis 30 minutes, il n’y a aucun doute je suis en train d’accoucher ! »

Mon regard est intense et n’invite pas à la conversation longue . Elle est troublée :

«  vous êtes médecin? »

-Non je suis infirmière. 

La maternité est blindée . 

J’ai une fièvre de cheval depuis trois jours et je suis au « service porte » des urgences une sorte d’antichambre entre les urgences et le service que l’on doit rejoindre. 

Je ne vois quasiment personne à part l’infirmière qui vient changer le pochon de l’hydratation et des antibiotiques trois fois par jour , personne de la maternité puisque je « gère »  seule .

Seule . 

L’hôpital regorge des agents seuls des employés aux malades , finalement chacun , individuellement cherche à sauver sa peau .

L’hôpital se craquelle de toutes parts , les soignants craquent , les suicides se multiplient dans l’indifférence générale, les ministres se succèdent, la situation s’aggrave chaque jour un peu plus mais les déclarations rassurantes se succèdent les unes après les autres . 

En 2010 , le cheval de bataille de Madame Roselyne Bachelot alors ministre de la santé dans le gouvernement Fillon , est le lavage des mains ….


Les années suivantes Madame Marisol Touraine durant la présidence de François Hollande quand à elle ignore complètement le malaise des soignants et va même jusqu’à le nier . 

13 juin 2018 .

Je sors d’une après-midi passée aux urgences avec second  mon fils. 

Il a 14 années de soins derrière lui .

Il sait repérer les failles , pose dorénavant des questions sur les dysfonctionnements des services qu’il fréquente , me demande d’intervenir quand l’attente est trop longue , quand la douleur n’est pas soulagée , quand la solitude se fait trop pesante ,quand il n’obtient pas de réponses à des questions simples , quand il ne comprend pas la raison de certains gestes , quand il ne veut pas rester seul la nuit, quand l’angoisse l’étreint .

Je pallie  aux manquements du système, mais comment cela se passerait il si je n’étais pas présente jour et nuit , comme cela se passe t’il pour les patients seuls , isolés ,sans famille?

L’accueil est identique , impersonnel, froid, l’infirmière ne fait face à son ordinateur , pose des questions en tapant sur son clavier sans lever la tête vers nous , une autre blouse blanche entre sans se présenter , demande à mon fils de se mettre torse nu sans explication en dehors de :

« Je dois contrôler quelque chose ».

Je l’observe , elle mesure sa fréquence respiratoire, elle n’est pas concentrée , répond à d’autres questions concernant un autre enfant , reprend sa mesure, une minute de silence, mon fils me regarde avec un air moqueur qui a l’air de dire :

«  Vas-y , dis lui que tu es infirmière tu enterres d’envie ! »

Le temps s’écoule , l’infirmière lui dit:

« Alors ? »

-18

« La temp ? »

  • 2 secondes 

Elle prend un thermomètre et sans un mot tourne la tête de l’enfant et mesure sa température au niveau de l’oreille.

-37°7. Tu peux te rhabiller .

« Bon alors que se passe t’il exactement ? »

A nouveau , je fixe les règles en me mettant à parler un langage qu’elles connaissent et bien et que seul un de leurs pairs peut maitriser .

Les visages changent , l’attitude aussi , elles comprennent la situation instantanément mon fils jubile !

« Vous avez l’air de bien connaitre le sujet? »

- 14 ans de pratique ça aide ! 

« Ah oui je viens de voir c’est un enfant connu ici, bon ben mon petit loulou on va t’installer ne t’inquiète pas ! »

A moi :

«  Vous êtes du milieu? »

  • Oui . Je suis infirmière .

« Ah je me disais bien aussi , tout s’explique ! »

Ce 13 juin 2018 nous quittons les urgences après y avoir passé  cinq heures trente . 

Nous devons revenir dans vingt quatre heures faute de lit disponible mais avec la consigne stricte de ne pas hésiter à revenir «  si besoin » . 

Le vent est froid et le temps est gris, le soir avance à grands pas . 

Nous traversons le parking , complet à notre arrivée et clairsemé à cette heure tardive , nous montons dans la voiture .

Je mets le contact et la radio s’allume instantanément.

« Vous êtes bien sur Europe 1 , voici le journal de 18h00: 

D’après une étude au moins 100.000 patients ont dû passer la nuit sur un brancard dans un service d'urgences depuis début janvier, faute de lits d'hospitalisation disponibles, a estimé mercredi le syndicat Samu-Urgences de France, dénonçant un "scandale sanitaire . »

Mon fils me regarde en écarquillant les yeux pétillant heureux de ne pas rester ce soir , je lui souris.

Combien de temps de survie  reste il à l’hôpital public Madame Buzyn ? 

Combien de temps encore d’appels à l’aide, les familles, les patients et les soignants vont ils encore devoir lancer pour essayer de trouver le moyen de sortir d’un tel marasme humain?

Des témoignages comme le mien sont pléthores , chaque jour nous en trouvons des centaines depuis tellement d’années maintenant , comment a t’on pu en arriver là ?


2000-2018 : Consultation, un jour sans fin .

Avertissement : 

Les personnages de ce récit ne sont pas fictifs , toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant existés n’est pas fortuite. 










mercredi 2 mai 2018

1er mai



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Aujourd'hui c’est le 1 er mai, fête du repos . 

Les rues que je traverse tôt ce matin  sont désertes, les commerces fermés et une sorte de léthargie s’est installée sur la ville . 
Les rares voitures que je croise  affichent sur leurs pare-brises des caducées divers  et variés qui indiquent tous que les conducteurs sont exemptés de la fête du travail car ils sont soignants .

Progressivement la ville se réveille , les stands de brins de muguet poussent comme des champignons un peu partout, et s’installent à proximité des boulangeries et des marchés qui n’observent pas ce jour de repos national . 
Au fur et à mesure que le jour avance ,les quartiers s’animent , les pères accompagnés de leurs enfants s’affairent à trouver le brin de muguet réputé porter chance une année durant pendant que les mères s’accordent un moment à la maison. 

Aujourd’hui c’est le 1er mai jour de  travail. 



Je vais passer de maisons en appartements et rendre visite à chacun de ceux qui ont fait appel à moi à un moment très particulier de leur existence : celui de la maladie, de la blessure , d’une fracture. 

Aujourd’hui c’est le 1 er mai , et ce jour férié n’a pas la même saveur pour tous . 

Chacun des patients que je rencontre aimerait vivre cette journée autrement, sans la nécessité de recevoir des soins indispensables au maintien de leur santé . 

Pourtant  ma visite les apaisent , leur apporte ce soupçon de joie et de liberté qui règne la tout près d’eux, juste là

Je suis chez eux ,je panse, j’écoute et j’observe. 

Je les écoute me raconter leurs vies passées, « l’avant » qui les a rendus si heureux, les temps devenus anciens si rapidement, leurs vies tout simplement. 

Je passe de vies en vies , et je vis la journée au travers des images furtives des personnes inconnues que je sur le chemin qui relie chacun des domiciles dans lesquels je vais entrer . 

J’observe et j’écoute ce qui se passe dehors . 

Les rires des enfants , les conversations entre voisins , les rencontres chez la boulangère , les saluts appuyés et les Bonjours fuyants , les cris des marchands du marché et un peu partout les petites clochettes blanches qui ornent les trottoirs vendues par des marchands amateurs . 

J’observe et j’écoute la vie à l’intérieur des ces foyers , souvent plongés dans le silence qui contraste tant avec l’animation de la vie, là, tout près dehors, prête à s’engouffrer dans ces foyers profitant d’une fenêtre ouverte. 

Et puis , je sors mes clefs , j’ouvre la porte d’une maison , tout est silencieux . 
Je rentre chez cette dame âgée qui vit seule depuis tellement longtemps. 
Le soleil éclaire chaque pièce de la maison , un bouquet  de fleurs fraîches trône  sur la table de la salle à manger , l’atmosphère est douce et une odeur de tarte aux pommes tiède embaume les escaliers.
Je traverse chaque pièce une à une , je prends le temps de regarder les photos qui racontent une vie , presque un siècle , je ne peux m’empêcher de toucher certains cadres car le bonheur qui s’en dégage est presque palpable . 
Des sourires , des baptêmes , des mariages , des photos de famille , la mer , un jardin et quelques brins de muguet . 

La porte de la chambre est entrouverte, je me glisse dans l’ouverture doucement, et je trouve Mme Muguet endormie sur son lit , baignée dans un rayon de soleil tamisé par les rideaux en voile brodés . 

Elle semble apaisée, un léger sourire sur les lèvres.

Je n’ose pas la réveiller , je la regarde dormir , j’écoute son souffle régulier et j’imagine ces 90 années de vie que je connais un peu quand soudain elle ouvre les yeux et me dit : 

«  Peggy ma chérie , je me suis endormie après avoir fait ma tarte aux pommes ! Vous en prendrez bien un morceau avec moi ? 
En plus je vous avais dit de rester en famille aujourd’hui ! 
Vous savez le 1 er mai chez nous était sacré autrefois , Maman préparait toujours un pique nique la veille et nous partions tôt le matin, mais venez descendons je vais vous raconter tout cela ! »

Quelque part en France, le 1er mai 2018 .

jeudi 12 avril 2018

Chronique d’une mort annoncée....











 Aujourd’hui je viens vous parler de temps anciens , l’époque où chaque métier , chaque profession , chaque corporation avait une formation propre , des rôles biens définis, une identité intimement liée à des décrets de compétences qui définissaient les pouvoirs de chacun .

Le domaine de la santé était très normé , car les différentes formations étaient exigeantes , diplômantes , et fortement sectorisées .
On parlait « d’exercice illégal de la médecine ou de la profession d’infirmier ou de sage femme ou ou ou . »

Le médecin vous recevait établissait un diagnostic et prescrivait un traitement.
Avec son ordonnance, le patient se rendait dans une pharmacie , le pharmacien lui délivrait les médicaments prescrits et l’informait de la conduite à tenir et des différentes interactions possibles entre les différentes molécules et évoquait les effets indésirables possibles .

Si besoin le patient faisait appel à une infirmière diplômée d’état qui effectuait les soins infirmiers prescrits qui étaient nombreux et que seule l’infirmière était habilitée à pratiquer .

Il s’agissait des pansements de tous types, d’injections allant des anticoagulants aux vaccins en passant par les saignées ou les perfusions , les alimentations enterales et parentérales des dialyses , des surveillances de patients diabétiques insulinothérapies dépendants ou non mais aussi les soins de nursing .

Cela doit vous paraître fou de lire cela à vous qui dorénavant faites appel à des prestataires de toutes sortes qui offrent des services « clefs en main » et qui n’avez pas connu l’époque où les professions libérales de santé existaient.

Ce temps est révolu depuis bien longtemps ,55 ans déjà...

Moi qui vous écrit , je suis très âgée maintenant, mais j’ai exercé en libéral au début du déclin de nos professions .
Personne ne voulait y croire pourtant les signes d’alerte étaient forts : les facteurs ( métier disparu également , qui constituait à distribuer le courrier papier ) se sont mis à rendre des services d’aide à la personne pour les personnes isolées les plus fragiles ou âgées , les pharmaciens ont été autorisés à vacciner , les concierges ont été autorisés à effectuer des toilettes et préparer des piluliers et donner les traitements, les étudiants en médecine ont été autorisés à réaliser des pansements et des injections au domicile des gens nécessitant des soins dans le périmètre de leur lieu d’études , les boulangers ont pu vendre certaines molécules comme le paracetamol ou l’ ibuprofene après une formation d’une demi journée , les bouchers ont obtenu de pouvoir effectuer les saignées .

Des lanceurs d’alerte ont vu le jour un peu partout dans le pays mais le mal était en train de se répandre.

Pour résister des maisons de santé se sont crées pour pouvoir proposer une offre de soins pluridisciplinaires au sein de la même structure .

En vain .

Les HAD présentes sur tout le territoire ont eu la main mise complète sur l’ensemble des soins dispensés et a obtenu en quelques années le quasi monopole des soins dispensés en ville.

Les libéraux ont un à un rendu les armes et arrêté d’exercer .

Des petits groupes de résistance se sont créés mais ils étaient minoritaires ,leurs messages d’alerte n’étaient entendus, ni par l’état qui étouffait la rébellion dans l’œuf ni par les professionnels de santé qui pour la plupart n’imaginaient pas que dans un pays où la population était vieillissante et consommatrice de soins puisque l’état les remboursait quasi intégralement.

Non ils ne voulaient pas imaginer un instant le marasme sanitaire économique et social qui se préparait .

Et pourtant , les groupes de résistants travaillaient , réfléchissaient , échafaudaient des plans, sondaient leurs pairs sans cesse , les avertissaient que la situation s’aggravait chaque jour un peu plus et qu’il fallait réagir .

A l’époque nous étions 600.000 .

600.000 à ne pas réagir .

600.000 à croire que le système ne s’effondrerait jamais .

Aujourd’hui, notre profession a disparu.

Nous aurions pu inverser la tendance voire fomenter une révolution !

Progressivement, les réseaux de résistance ont été démantelés, certains n’ont pas su résister à l’appel financier juteux des laboratoires, les autres ont fui .

Dorénavant seuls les indigents se rendent dans les hôpitaux devenus des sortes de cour des miracles désertés par les médecins et les paramédicaux diplômés d’état dont la fuite vers l’étranger a été irréversible.

C’est ainsi que les centres hospitaliers sont devenus des zones de non droits gérées par des charlatans de tous genres.

Des maladies disparues ont fait les premiers ravages car une grande majorité de la population n’avait plus les moyens d’accéder aux soins de base , aux vaccinations, et l’espérance de vie a chutée .

déclin de l’ensemble de l’activité économique, industrielle, culturelle .

Comme je vous le disais au début de cette lette , la plupart d’entre vous n’ont pas connu cette époque .

Je fais partie des quelques survivants qui ont plus de 90 ans en sachant que de nos jours l’espérance de vie est d’à peine 30 ans .

C’était en 2018.

A l’époque où les pharmaciens vendaient des médicaments, les infirmiers réalisaient des soins infirmiers , les médecins diagnostiquaient , prescrivaient et opéraient, les sages femmes accouchaient et assuraient le suivi les femmes enceintes , les facteurs postaient le courrier, les kinésithérapeutes pratiquaient leur art.

C’était en 2018 .

2019 a sonné le glas pour l’ensemble des professions de santé car cette année là le gouvernement a autorisé les pharmaciens à vacciner , a indiqué que certains actes opératoires essentiels ne seraient plus remboursés et le reste a suivi ...

A l’époque personne n’a réagit ou bien pas suffisamment haut et fort pour enrayer le déclin du système de santé réputé le plus performant du monde durant des années.

Aujourd’hui, les soignants reviennent de l’étranger avec l’espoir et la volonté de reconstruire  un système de santé que les pays du monde entier enviaient, je suis âgée maintenant, la seule chose que je peux faire pour vous soutenir , c’est de vous conseiller de réagir et de monter au créneau tant qu’il est encore temps !

Signez et participez aux enquêtes et aux études que l’on vous propose avant qu’il ne soit réellement trop tard !





mercredi 31 janvier 2018

"A vous Cognacq-Jay!"




Branle-bas de combat depuis plusieurs jours partout dans les médias : les epahds sont à la dérive ! 

Le personnel travaillant dans les maisons de retraite sont au bord du « burn out » général , car leurs conditions de travail sont insupportables ce qui  induirait des prises en charge contestables des résidents……

Je suis sans voix. 

Chaque matin depuis trois jours, à peine réveillée, j’allume mécaniquement la radio, et j’entends les journalistes annoncer les dangers qui guettent nos aînés placés en Epahd, le nouveau terme plus séduisant, désignant désormais les maisons de retraite .

Et oui tout le monde semble découvrir que les conditions de vie y seraient terribles: défaut de soins , négligences voire maltraitances, récits de fin de vie indignes au fond de couloirs sombres, sales aux odeurs nauséabondes.



La France se réveille au son d’histoires qui évoquent des soignants infectés par un virus redoutable qui les empêchent de prendre soin humainement de leurs vieillards qui ont pourtant eu des vies de labeurs intenses , qui ont connu des joies , des peines , qui ont vécu des guerres , des génocides, qui ont subi des exodes, fêté des armistices. I
ls ont voté des décennies durant, en imaginant un avenir meilleur, pour finalement finir leurs vies dans des mouroirs du 21 eme siècle  qui n’ont rien à envier à ceux du 20eme siècle . 

Et oui depuis trois jours , la radio annonce que les soignants des epahds sont malades, il s’agirait d’un mal sérieux, dangereux et contagieux. 

Un mal dont certains ne se remettent pas, un maladie mortelle pour certains qui lorsqu’ils sont en phase terminale, finissent par se suicider. 

Des mises à mort un peu partout dans le pays, depuis plusieurs années déjà , depuis bien trop longtemps. 

Au début, les directions d’hôpitaux ont évoqué des causes diverses et variées : problèmes familiaux entrainant souvent des soucis d’alcoolisme voire d’addictions aux anxiolytiques et aux antidépresseurs.  
Evidemment la dépression est en tête de liste en lien avec des problèmes personnels mais jamais au grand jamais les pouvoirs publics n’ont pensé aux difficultés des conditions de travail , non jamais vraiment! 

Le temps passant, de nombreux suicides de soignants ont lieu dans les services hospitaliers et dans les maisons de retraite.

Là encore, pas de liens établis entre les conditions de travail et les lieux des « crimes ».

Non, qu’allez vous imaginer!

N’oublions pas que les soignants sont des super héros du quotidien, ils préfèrent donc préserver leur entourage des effets traumatisants de la découverte du cadavre d’une mère, d’un père, d’un frère ou d’une sœur , d’un mari ou d’une épouse . 
Ils leur épargnent donc la douleur de la perte à domicile et choisissent de se supprimer sur leurs lieux de travail par empathie pour leurs proches, des gens biens vraiment!

Et oui les soignants sont endurants jusqu’au bout du bout, bien élevés avec une conscience professionnelle proche de la servitude. 

Mais quel est alors ce virus qui amène des gens si consciencieux à abandonner leurs fonctions et qui poussent les pouvoirs publics à en parler sérieusement, gravement, au journal télévisé , à la radio ,à l’assemblée nationale , y compris sur BFM TV ?

Mystère!

Pourtant , les soignants y ont cru lors des dernières élections présidentielles, un horizon plus clair s’annonçait avec un nouveau ministre de la santé issu du monde de la santé, qui de toute façon ne pouvait pas être pire que le dernier . 

Ni plus condescendant , ni plus méprisant, ni plus insultant à l’égard de l’ensemble des corporations de santé . 

Le ciel s’éclaircissait avec un nouveau gouvernement jeune prêt à reconstruire un monde meilleur . 

Aujourd’hui huit mois après la nomination de notre gouvernement tout jeune, tout beau, avec des ambitions de Renouveau, nos aînés vivent toujours dans des conditions indignes et meurent souvent seuls. 

Et cette étrange maladie qui touchent les soignants est à l’état pandémique . 

Alors huit mois après ces fameuses élections présidentielles, l’heure est venue de rendre des comptes, et soudain les politiques de tous bords réalisent qu’il y a un potentiel électoral qui est présent, qui souffre, qui a soif de reconnaissance, qui réclame à corps et à cris des moyens parce qu’il a un mal fou à survivre . 

Et chacun sait que celui qui souffre est prêt à donner sa voix à quiconque propose de lui venir en aide .

Un vivier de voix inexploitées……. De l’or en barre pour tout politique réflechissant un peu !

Mais quelque chose m’interpelle.... cette situation n’est pas nouvelle. 

Il y a vingt ans , alors que j’étais étudiante nous redoutions tous certains services notamment le stage de gériatrie . 

Nous savions tous que nous allions vivre l’enfer durant quelques semaines. 

Le calvaire des toilettes à la chaine, sans respect de la pudeur du patient ni même des règles d‘hygiène élémentaires, et oui difficile d’etre humain et professionnels avec 20 toilettes à réaliser le matin, et 20 le soir pour une infirmière et une aide soignante avec comme mots d’ordre: 

«tout le monde doit être au petit déjeuner avant 10h00! »

Parlons des repas où tous les aliments étaient mixés ensemble de l’entrée au dessert donnés aux patients à toute hâte sans considération , sans douceur, sans empathie, avec impatience et parfois avec brusquerie voire violences.

J’ai vu des patients admis en gerartrie et devenir incontinents en quelques jours parce que l’équipe imposait des protections la nuit avec barrières des lits relevées pour éviter les chutes nocturnes. 

Tous les étudiants y sont passés et ont subi ce que les « nécessités du service » infligeaient aux patients, au personnel et par ricochet aux élèves .

Et dans ces conditions, nous arrivions sur le terrain non pas comme étudiants non pas pour être formés, encadrés et instruits mais au grand soulagement des équipes nous étions de la main d’oeuvre supplémentaire corvéable à merci, à qui les taches les plus pénibles étaient attribuées souvent sans surveillance, sans l’encadrement requis par la loi et surtout sans le compagnonnage nécessaire qui est une des valeur forte de nos professions. L’enfer.

C’était il y a vingt ans.

Les étudiants en soins infirmiers sont atteints du même virus que leurs consoeurs et confrères diplômés.

Que se passe t’il donc?

Le système de santé français s’effondre, se craquelle de parts et d’autres, les épahds sont des lanceurs d’alerte depuis plusieurs dizaines d’années.

Les usagers sont doublement victimes de cet état de fait, non seulement ils sont touchés par a maladie mais ils doivent subir un système qui n’est plus en mesure de leur assurer des soins de qualité en toute sécurité.

Mais qu’en est il des soignants?

Ils sont la colonne vertébrale du système, la moelle épinière, organes indispensables au bon fonctionnement de l’institution.

Sans eux le corps même du système devient grabataire et meurt. Malheureusement ils sont atteints d’un virus qui se propage insidieusement mais surement.

Ce matin à la radio, les journalistes ont déclarés que le niveau de contagion des soignants avait atteint le seuil pandémique.

La situation est grave.

Comment les pouvoirs publics vont ils pouvoir les prendre en charge et soigner tous ses gens qui ont décidé de consacrer leur vie professionnelle aux autres et qui sont épuisés de lutter et de crier à l’aide. 
Au mieux ils fuient et quittent le navire pour sauver leur peau, au pire ils meurent sur leur lieu de travail.

Comment le gouvernement va t’il pouvoir honorer ces « super héros »  du quotidien et leur accorder la reconnaissance qu’ils méritent et les moyens dont ils ont besoin pour exercer leurs professions dignement?

Quels arguments va t’on pouvoir proposer aux futurs étudiants pour qu’ils choisissent d’intégrer des filières de santé?

Et enfin va t’on pouvoir proposer des solutions viables et pérennes aux épahds pour permettre à nos aïeux de vivre leurs dernières années dignement et sereinement comme chacun d’entre nous le souhaite pour ses proches et pour lui même .

Il est temps pour moi d’éteindre la radio et de partir soigner mes patients, pour le moment j’ai la chance d’être immunisée, ce terrible virus est pourtant partout autour de moi.

Je crois que c’est l’espoir de jours meilleurs qui me fait protège.

Allez je termine par la célèbre formule des journalistes en direct sur le terrain rendant l’antenne au plateau de télévision dans les années 70, et qui rappellera de jolis souvenirs aux plus anciens qui me lisent : 

                

« Peggy en direct du terrain , A vous Cognacq-Jay! »